Le Old English Bulldog (OEB), n’est pas une race reconnue par la FCI (Fédération Cynologique Internationale), c’est le fruit du travail de nombreux passionnés qui depuis les années 70, essaient de retrouver la morphologie et les qualités du Bulldog Anglais dans sa forme originelle, avant sa « mutation » qui s’opéra après l’interdiction des pratiques pour lesquelles il était utilisé vers 1835, le combat contre des taureaux.

Comme son nom l'indique le bulldog était un "chien à taureau", il était utilisé dès le moyen âge pour surveiller, protéger, mais aussi "combattre" les taureaux avant leur abattage. 

le Bulldog a l'origine avait tout pour le combat : mâchoire puissante, construction près de terre, stabilité, opiniâtreté, résistance à la douleur, peau lâche le protégeant des morsures des adversaires.

Au XVI° siècle, il se fait une grande réputation, d'abord contre le taureau.

Bulldog, d'abord écrit Bull-Dog, de Bull (le taureau) et Dog (le chien), est apparu en 1500, ainsi nommé, selon l'O.E.D., parce qu'il harcelait le taureau (donc fonction première), soit parce que sa tête rappelait celle du taureau. En tout cas, il devint vite une institution nationale à cause de son courage et de sa résistance.

Le mot bull baiting est apparu en 1580 : harcèlement du taureau par les chiens. On lâchait plusieurs bulldogs sur un taureau entravé. Le but était de saisir le museau et de s'y accrocher pour "clouer" le taureau au sol (pin down, de nos jours, signifie "coincer", "plaquer" au sol, "immobiliser" un adversaire). Il arrivait que le taureau brisât les entraves et les chiens volaient. Ce "sport" plaisait au peuple et aussi à la noblesse. Il existe des rapports de voyageurs et de diplomates au temps de la Reine Elizabeth 1 (1558-1603) décrivant l'attaque de taureaux et d'ours entravés à l'arrière, par des bulldogs et des mâtins (mastiffs). En fait, tout chien attaquant le taureau (bull) était nommé "bull-dog". La fonction créant le genre de chien, pour ne pas parler de "race", notion très vague en ces temps anciens.

Au chapitre des horreurs, on peut noter les tortures qu'on a fait subir aux bulldogs surtout quand on est passé des combats contre le taureau aux combats contre les chiens et contre toutes sortes d'animaux ( ours, loups, singes). On a artificiellement essayé de raccourcir la face par toutes sortes de procédés, en serrant le museau du chiot dans une sorte d'étau ou même à coups de maillet, parce que l'on croyait que le chien au museau très court, respirait mieux "en prise". On a coupé les lèvres et entaillé les joues pour rendre les chiens affreux, croyant ainsi impressionner l'adversaire. Les arènes (nommées pits, "fosses" à cause des "fosses aux ours") étaient nombreuses à Londres et parfois célèbres (Westminster pit). Le règlement était sévère et respecté (reprise des chiens par le maître, temps pour éponger, poids des adversaires, comme pour la boxe. Pour s'assurer que le poil n'était pas enduit de substances nocives, chaque chien était "goûté" par un "goûteur" (taster) dont la tâche  consistait à lécher l'animal sur tout le corps. Une somme d'argent était prévue à cet effet mais on ne sait pas ce qui était prévu en cas d'empoisonnement du "goûteur". Les paris étaient ouverts bien sûr comme toujours en Grande-Bretagne, y compris, pour le combat particulièrement horrible raconté par le Daily Telegraph du 6 juillet 1874 entre un bulldog et un nain armé d'un gourdin.

[Raymond TRIQUET - Ethnozootechnie n°78]

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